Il t’est déjà sûrement arrivé de râler contre un autre conducteur sur la route ou de te faire klaxonner par un conducteur plus pressé que toi. Ces comportements sont ressentis comme des agressions et l’agressivité est souvent liée à des difficultés de compréhension et de communication entre les personnes. En outre, il est difficile de communiquer sur la route. Les usagers sont forcés de partager un même espace (la route) et leur interaction est forcément source de conflits. Malheureusement, la solution trouvée à ces conflits peut être, pour certains, de l’agressivité… ce qui est certes une sorte de communication mais pas forcément la meilleure ! 

Il existe différentes formes d’agressivité : les insultes, les gestes obscènes, le talonnage, l’appel de phares ou le fait de gêner délibérément un autre conducteur ou de lui entraver le passage. Ces comportements peuvent même être considérés comme des infractions. Certaines sont en lien avec les règles de la circulation routière, d’autres pas (menaces, coups et blessures, etc.).

Pourquoi certains conducteurs sont-ils agressifs sur la route ?

Les explications sont diverses. Il peut arriver à chacun d’entre nous d’être stressé sur la route. Deux facteurs peuvent amener les conducteurs à se sentir stressés: soit les circonstances de la route (« driving stress »), soit les circonstances de la vie (« driver stress »). Dans le premier cas, les causes se situent au moment de la conduite (erreurs commises par d’autres usagers, embouteillages, chantiers, imprévus, etc.). Dans le deuxième cas, les causes apparaissent avant de prendre le volant (problèmes sentimentaux, familiaux, financiers ou simplement une accumulation des soucis du quotidien, etc.) ou s’ajoutent au moment de la conduite (une mauvaise nouvelle par un appel téléphonique, des pensées négatives, etc.).

Le stress a une influence importante sur la façon de conduire d’une personne. Il entraîne une baisse du niveau de tolérance face aux erreurs commises par les autres usagers dans la circulation. Il devient difficile d’interpréter le comportement de l’autre autrement que par un a priori négatif (« il me cherche », « quel incompétent », « quel inconscient », etc.) alors que parfois son comportement s’explique par un excès de prudence ou une distraction dont nous pouvons tous faire preuve. 

Il peut également t’arriver de devenir « un problème » pour un autre usager, et d’être surpris par un coup de klaxon alors que tu n’as pas l’impression d’avoir commis une erreur. Mais sur la route, tu n’as pas toujours la possibilité ni le temps de t’expliquer. Si tu sors de ta voiture, cela peut devenir dangereux en raison du risque de violence lorsque la communication verbale est entachée d’agressivité et d’insultes. Pourtant, le « comportement déclencheur » (celui qui deviendra la cause d’un comportement agressif) est souvent lié à une situation involontaire (distraction, lenteur, inquiétude, peur, méconnaissance de la règle, fatigue, etc.). 

Parfois l’agressivité est instrumentale (« je vais talonner pour inciter celui qui est devant moi à aller plus vite car il est trop lent » ; « je vais klaxonner pour qu’il dégage la route »). Ce sont des réactions qui peuvent provoquer une escalade : « l’autre m’empêche d’avancer » versus « je me sens agressé et je vais également réagir de manière agressive ». Il devient difficile de comprendre qui a commencé, qui est l’auteur et qui est la victime si l’agressivité se transforme en coups.

 

Quelques conseils pour éviter que tu deviennes agressif ou que tu suscites l’agressivité de l’autre

  • Ne conduis pas quand tu es trop stressé, irrité ou sous le coup de l’émotion (rupture, échec d’examen, perte d’argent, etc.). Les émotions fortes influencent le comportement au volant et nous rendent plus irritables, moins tolérants aux difficultés de la route. Dans ce cas il vaut mieux prendre le temps de se calmer, de relativiser, avant de prendre le volant.
  • Essaie de partir à l’heure, de bien gérer ton temps de manière à ne pas devoir te dépêcher sur la route car en cas d’obstacle, le stress causé par l’éventuel retard empêche de réagir sereinement, de faire preuve de patience et de compréhension face à un problème ou à un comportement jugé inadéquat.
  • Prends la route en étant détendu et reposé. La fatigue altère la capacité de conduire et ne permet pas de percevoir la route de manière positive. 
  • Prends la route sans avoir consommé d’alcool, de drogues ou de médicaments, cela peut également rendre plus agressif. 
  • Assure-toi que ton véhicule est techniquement en ordre et que le réservoir est suffisamment rempli pour réaliser le trajet prévu. La peur de tomber en panne ne permet pas de rouler sereinement. 
  • Adopte un comportement prévisible pour les autres, fais-toi voir : utilise tes clignotants, allume tes phares. Freine à temps et en souplesse. Respecte les distances de sécurité et surtout, accepte l’idée que tout le monde commet des erreurs (toi et les autres), que l’erreur de l’autre n’est pas toujours intentionnelle ou qu’il ne s’agit peut-être pas d’une erreur même si tu n’en as pas l’explication.
En résumé, essaie d’être courtois dans toutes les circonstances, cela fait du bien et c’est contagieux. Partage la route et ne réagis pas immédiatement face à un comportement que tu considères inadéquat.
Toutefois, si tu te retrouves face à une personne trop agressive, reste calme et neutre. Evite le contact visuel, ne réponds pas à l’insulte ou la menace. Ne réplique pas (évite l’escalade), verrouille les portières, appelle la police si cela dégénère.